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HISTOIRE
Histoire de l'origine des nomades dans cette région du sahara...
TRADITIONS
Traditions locales :

Pour la construction et l'aménagement du bivouac, nous tentons d'utiliser et/ou  de retrouver des techniques et traditions anciennes, parfois ancestrales.

La fabrication des briques


Le montage d'une tente



La fabrication d'un four à pain nomade





visionnez quelques images...


dessin réalisé par Denise Sauzon (Al Nomadine)
vos remarques, questions ou suggestions












"Celle qui vient de ce grand désert s'appelle Zahra, ce qui signifie fleur, un nom assez
bizarre pour quelqu'un qui n'a jamais connu que le désert, une fleur du désert voilà ce qu'elle était, et quand je pense à elle je la revois au fond de moi, reflétant mon amour pour tout ce qui est sable, mon amour pour tout ce qui est ensoleillé, elle avait le soleil dans ses yeux en quelque sorte, les grains de sables dans ses rides et  elle avait assez de place dans son cœur pour  contenir ce sable, cette grande présence pleine de mystères, je la revois encore , je l'écoute encore nous racontant ce qui était autrefois, ce qui faisait autrefois la vie de ses semblables, mes semblables, mes ancêtres, la plus grande richesse était d'avoir une tente  et le plus vital c'était d'exister à quelque kilomètres d'un cours d'eau  ou d'un puits fait par les ombres du désert, elle avait une drôle façon de faire la vaisselle, si toutefois on peut appeler ces jarres en terre ainsi, elle lavait avec le sable, l'eau c'était si précieux qu'on le gardait pour le plus vital: boire, même pour la prière il suffisait d'embrasser le sable pour se purifier, il suffisait d'embrasser le lointain,
.il suffisait d'embrasser le lointain, de suivre les étoiles pour se retrouver, et chaque étoile avait un nom avait une mission avait une vie et une existence pour elle, je blâme ma mémoire d'avoir oublié ces noms magiques, je blâme ma mémoire de ne pas avoir bien écouté avec mon cœur et mon âme ce qu'elle nous racontait car il ne suffisait  pas d'un cœur pour retenir ses mots, il fallait une âme , une âme qui appartient à ce désert, une âme qui le contient et l'englobe et l'absorbe, j'essaie par mes mots de la retrouver, retrouver ses traces, retracer ce qu'elle endurait pour survivre dans ce grand univers immense de sables qui était le sien, le mien aussi,quand je lui lavais les cheveux lors de ses visites chez nous (les gens de la ville) elle n'arrêtait pas de me dire qu'il fallait se comporter avec chaque goutte d'eau comme un être cher et par conséquent il fallait qu'aucune goutte ne tombe sans avoir servi à quelque chose, elle ne trouvait aucun souci à mettre en garde les voisins contre le danger de gaspiller l'eau, en leur répétant à chaque fois que ce qui vient du ciel ne doit en aucun cas être utilisé que pour le plus sacré: la vie des hommes et surtout ceux du désert . je me souviens  que sa main gauche ne savait pas ce que sa main droite a donné: tellement généreuse et tellement présente pour les autres  tellement généreuse et tellement présente pour les autres,  

je ne sais pas pourquoi, à chaque fois je pense lui dédier quelques mots d'amour et de tendresse même si elle n'est plus là peut être que nous ne pensons pas dire à ceux que nous aimons qu'on les aime qu'une fois loin de nous, mais quand elle a quitté son désert, je n'étais pas assez grande pour savoir qu'un  héritage vient de  s'éteindre en la personne de cette femme dont le seul orgueil était le sable, cette infinité qui seule apaise les cœurs assoiffés de se retrouver et de se reconnaître, parler de ma grand-mère zahra c'est  parler de moi en quelque sorte, j'étais sa préférée, en plus son nom entier c'était zahra bent attalb, ce qui signifie la fille de celui qui étudie ou qui donne le savoir, j'ai toujours aimé mes études depuis petite mais je ne peux pas  prétendre donner un savoir, cela ne dépend pas de moi d'en juger, car ce que j'aime partager avec mes élèves c'est plus que le savoir, des moments de communion des moments ou le fil de mes idées les parcourent et où j'arrive à capter un tout petit peu de ce qui fait leur monde, de ce qui fait leur univers. Comme ma grand-mère je suis hantée par les lieux, habitée par les odeurs, marquée par les visages, cela peut paraître un discours nostalgique mais loin de cela , pour moi c'est une tentative  de me reconnaître en tant que porteuse des secrets du sable, ceux qui n'ont jamais été révélés que pour ceux ou celles qui peuvent réellement être des êtres de sables, ma grand-mère avait un verset qui lui revenait à chaque fois "nous sommes de la terre et nous y reviendrons" quoi de plus simple pour résumer toute une existence?, le fait d'être en terre symbolise toutes nos faiblesses, tout ce qui fait de nous des êtres en réalité, y revenir c'est embrasser le pardon, oser l'offrir à nous même et oser le demander, sa philosophie était simple la vie est faite pour donner; l'au-delà est fait pour recevoir et être récompensé, ce qui revient à dire qu'il ne faut jamais attendre d'être récompensé par nos semblables et n'attendre en contrepartie que ce plaisir cette joie et ce bonheur d'avoir donné, non pas  des restes mais donner même ce dont on a besoin, elle disait que donner  n'est pas uniquement le fait de donner quand on possède mais même quand on n'a rien, elle disait aussi qu'on ne peut pas ne pas avoir rien à donner, car donner un sourire c'est aussi donner, elle avait une manière si particulière de sentir les gens, de lire en eux, elle répétait tout le temps que le bon attire le bon, que le bon doit pardonner au mauvais. ses rides me faisaient penser aux dunes de sables sur lesquelles un vent doux vient de laisser des traces,et chaque ride, si elle pouvait parler, aurait raconter toutes les histoires de cette femme qui seule, avait élevé en plein désert ses deux enfants: l'aîné qui est mon oncle et le cadet qui est mon père, et si mon défunt oncle était le maître du rire et des fêtes, mon père, lui était le grand silencieux, je n'ai jamais osé lire dans ses yeux quoique mainte fois j'ai essayé de faire tomber ce mur invisible qui parfois nous sépare mais seulement en apparence, je n'ai jamais osé lire dans ses yeux de peur de découvrir ses secrets du désert, les secrets d'un petit enfant qui n'a connu de son père qu'une ombre habitant les dunes , de peur de découvrir les nombreuses fois où ce petit enfant fut obligé de parcourir un monde de sable, obligé car il n'en connaissait pas d'autres, ce grand silencieux, ce grand amoureux de sable et de verdure, ce mélange de contradiction c'est le fruit enfanté par cette fleur du désert qui n'est autre que ma grand-mère. Elle n'avait que deux enfants et elle implorait le tout puissant  de la faire éteindre en toute douceur, sans se faire mal ou faire mal aux autres, et comme toujours son vœu fut exaucé, elle n'avait qu'à lever ses mains pour attendre le salut, et toute sensible qu'elle fut , elle avait un caractère fort et avait toujours le courage de dire ce qu'elle pensait, sans hésiter, certes elle avait la force de ces grandes dunes mais la douceur de ses grains de sables d'or qui font l'itinéraire des chemins. elle faisait partie de ce grand désert qui a toujours été des moments d'attentes entre un départ et un autre, cette lune qui illumine les âmes des étrangers, une mère attisant la flamme de la vie pour nourrir ses petits d'histoires de magie et de cavaliers, quand les enfants n'avaient rien à manger, on se contentait de  leur raconter ces histoires du grand désert où le temps ralentit et refuse le rythme extérieur des êtres, où le temps ne suit que son propre rythme, ma grand-mère disait que les lieux parlent aussi bien que les êtres, parfois mieux puisqu'ils sont capables d'engendrer le silence et d'en être les gardiens, parfois je me demande ce que ma grand-mère aurait pensé du désert aujourd'hui, ce qu'elle aurait dit, elle  nous aurait sûrement demandé où sont passés les hommes et leurs traces, où sont passés ceux qui, au lieu de salir le désert, laissaient une part d'eux même, comme était le destin de mon grand père qui est parti un jour sans jamais ressortir de ce désert, c'est pour cette raison peut être qu'elle embrassait le sable avec tout l'amour que pouvaient contenir ses yeux, elle n'a jamais blâmé le désert d'avoir englouti son homme dans son vide, ni blâmé la lune de l'avoir trahi en pleine nuit, ni les étoiles de ne pas lui avoir montré le chemin du retour, elle savait au fond que c'était un homme qui ne pouvait être que de sable, je pense que durant toute sa vie elle a gardé cet espoir de le revoir rejaillir de son univers, ses yeux reflétaient plus d'espoir que de tristesse, si sereine, cette sérénité que seuls peuvent sentir les gens qui se sont réellement trouvés, par contre, moi je me sentais toujours triste car je n'ai pas le pouvoir de lui donner des traits, mais il me semble que ses traits se reflètent sur chaque grain de sable, j'embrasse ses traces et je me dis toutes les fois où je me trouve devant des étendues de sables, il était peut être là, il a dû embrasser toutes ses dunes avec amour dans ses yeux avant de s'éteindre, souriant aux étoiles, j'aime imaginer que son amour du désert lui a facilité le départ, celui de ma grand-mère fut plus calme, un jour après sa prière, elle s'est étendue pour ses implorations rituelles, souriante, les yeux levés vers le ciel , le cœur  et le doigt aussi, elle ne s'est jamais réveillée, la seule condition dans son testament qu'elle répétait à tout le monde, c'était de l'enterrer le plus proche possible des dunes, ce qui a été fait sans hésitation, elle les a tellement  parcourues  qu'elles deviennent pour elles les meilleurs voisins pour son passage à l'au-delà,  elle disait toujours que les dunes de sables se parlent entre elles mais que nous sommes si empressés pour pouvoir les entendre, si égoïstes pour pouvoir les laisser partager notre intérieur; elle disait aussi que tout parle dans le désert, et que la lune, les étoiles, le soleil, l'ombre, les puits sont ses complices, elle aurait sûrement du mal à reconnaître les dunes aujourd'hui car elle dirait que le désert refuse de se voiler quand il y a du bruit, et aujourd'hui y a-t-il un désert qui est épargné?  Y a-t-il un grain de sable qui ne fut pas touché sans douceur? J'imagine qu'elle aurait crée une association, comme c'est la mode aujourd'hui, et remué terre et ciel pour laisser le désert tranquille ou au moins le traiter avec l'amour et  le respect  qu'il mérite.  Le désert n'a jamais refusé de se révéler à qui que ce soit capable de l'écouter et de l'aimer, il ne reconnaît ni les couleurs ni les formes mais il reconnaît les âmes et c'est ce qui fait sa grandeur, la première fois où j'ai vu la mer, cet autre grand espace bleu , j'étais fascinée devant cette immensité, mais l'immensité du désert c'est différent, l'eau coule et voyage avec nos regards nos souvenirs et nos pensées mais le sable les grave avant de les laisser partir vers le lointain, les gouttes d'eau ne peuvent pas aller séparément mais les grains de sables le font et pourtant ils finissent par se reconnaître et se retrouver quelque part dans le désert, ce qui les rapproche c'est l'imprévisible et la capacité de cerner nos âmes et de les éparpiller, la fleur du désert n'a jamais vu la mer mais je crois qu'elle l'aurait aimé pas comme les dunes mais autrement, elle aurait reconnu dans les vagues ses dunes bien aimées, mais elle aurait reproché aux vagues de partir si vite avant d'emplir ses yeux. elle aurait aimé la voix des vagues, leur couleur  mais je suis sure qu'elle aurait préféré le coucher du soleil doré car c'est le plus proche de son univers, à la mer comme au désert le soleil ne peut paraître aussi beau aussi grand et aussi proche. Ma grand-mère détestait la télé quand elle nous rendait visite, elle disait que rien ne peut égaler les vraies formes ou celles qu'on peut imaginer, elle avait du mal à se comporter avec "cette" machine et elle lui en voulait de rendre les formes si petites et si lointaines. Elle plaisantait souvent  en disant aux filles qui n'étaient pas mariées à l'époque  qu'elles perdaient  leurs temps  devant cette machine et que ce n'est pas cette machine là qui va leur donner des maris ou encore qu'il fallait attendre que la rivière leur apporte leurs princes charmants, le mariage était son sujet préféré  et le henné sa couleur de chance, je me rappelle qu'elle avait toujours les doigts teintés de la couleur du henné, les cheveux aussi mais elle acceptait d'avancer dans l'âge comme un palmier fier de s'étendre et donner de l'ombre. Ma zahra, comme on l'appelait était bien faite pour ce monde de sable,  ce petit coin du désert était sa première et sa dernière demeure, et quand mes pas m'emmènent vers cet espace je ne manque pas de passer la saluer dans ce simple et petit cimetière situé entre les dunes, quoi de plus serein que d'être entourée par ces gardiens du grand désert, c'était son souhait et je pense qu'elle n'aurait pas choisi mieux comme compagnons du grand voyage. On disait souvent que je lui ressemble, toute menue comme elle mais je ne sais pas si je possède aussi son courage, sa foi et sa patience!!!   

On me disait aussi que j'ai hérité d'elle ses yeux expressifs qui ont du mal à cacher ce qu'elle pensait et ce qu'elle ressentait, elle célébrait les fêtes avec la joie d'une petite fille, son jour préféré était le vendredi et dès l'aube elle se préparait à célébrer son amour pour ce jour, se laver, se changer , mettre de l'encens et commencer ses prières sans fin, quand je dis vêtement c'est juste une façon de parler, elle n'avait pas grand-chose et disait qu'il lui suffisait ce peu qu'elle possédait: deux longues robes, deux grands tissus(izars) deux foulards et deux babouches (gargues), elle avait une préférence pour les couleurs vives pour ses robes, les couleurs discrètes pour ses melhfas, les robes vives pour sa joie intérieure et les couleurs discrètes pour ne pas trop attirer l'attention.

Si j'éprouve ce besoin de parler d'elle au lieu de parler de moi-même c'est ce sentiment que j'ai d'elle, cette pensée que si peut-être je réussis à parler d'elle je le ferais aussi pour moi, je sens son image se refléter en moi sans cesse, les prières qu'elle faisait pour moi m'ont toujours accompagnées et m'ont soutenue dans les moments les plus difficiles, son image m'a visitée plusieurs fois dans mes rêves, ce qui fait des rêves ce monde fantastique c'est qu'elles nous donnent les images nettes parfois trop nettes pour être de  simples rêves,